D+C Développement et Coopération (No. 1, Janvier/Février 2002, p. 3)
Afrique: inclure davantage de femmes dans les
actions de développement
Stephan Mbogo
Les pays qui encouragent les droits des femmes et améliorent leur accès aux ressources et à léducation ont un taux de pauvreté bas, une croissance économique rapide et moins de corruption que dans les pays qui nen ont pas, cest en ces termes quest publié le communiqué élaboré par la Banque Mondiale «EnGendering Development - Through Gender Equality in Rights, Resources and Voice».
Les pays dont on note un faible écart entre les femmes et les hommes dans les secteurs tels que léducation, lemploi, et les droits au propriété non seulement ont un faible taux de malnutrition infantile et la mortalité, mais ces pays sont plus transparents dans les affaires et dans le gouvernement et connaissent une croissance économique rapide - qui aiderait à réduire lécart entre les différents sexes.
«La notion de légalité entre lhomme et la femme est importante pour la liberté en tant que notion de développement, daugmenter des choix et de contrôle que les gens ont sur leurs vies», annonce Nicolas Stern, chef économiste de la Banque Mondiale et vice-président pour les développements économiques. Lexpérience montre que léducation, la santé, la productivité, le crédit et la gouvernance du pays marchent mieux quand les femmes sont inclues».
«Les disparités des droits des femmes sont associées étroitement avec la pauvreté» affirme Elizabeth King, co-auteur du rapport. «Leacute;&cart entre les hommes et les femmes dans les cas de la santé et de léducation est plus grand dans les pays pauvres que dans les pays riches, et à lintérieur des pays lécart est très grand chez les pauvres. Les expériences des analyses et les cas étudiés faits dans tous les pays montrent que le développement économique et le changement institutionnel sont tous les deux nécessaires pour améliorer le statut des femmes».
Linégalité touche tous les membres de la société pas seulement les filles et les femmes. Le rapport recommande que les sociétés avec de hauts niveaux dinégalité adoptent des mesures spécifiques pour améliorer les statuts des filles et des femmes. Les exemples comprennent lassurance des droits égaux au territoire et autres propriétés, et lamélioration des infrastructures et des services, tels que leau, le transport, léducation, la santé et le crédit pour mieux répondre aux besoins des femmes. Les autres étapes comprennent la discrimination de sexes dans les lieux de travail et laugmentition de la participation des femmes dans la politique.
«Les sociétés qui se distinguent en se basant sur le sexe paient chers - plus de pauvreté, croissance économique lente, une gouvernance faible et une qualité de vie médiocre» a déclaré Andrew Mason, co-auteur du rapport. «Bien que la croissance dans le revenu et le développement économique soient une bonne chose pour légalité du sexe à long terme, la croissance seule ne peut donner les résultats requis. Les sociétés évoluent rapidement si elles adoptent aussi des mesures spécifiques pour restreindre lécart entre la femme et lhomme».
Selon le rapport, les pays qui réduisent lécart entre les femmes et les hommes par rapport aux ressources et les opportunités, obtiennent une croissance économique plus rapide. En Afrique, par exemple, lamélioration des conditions de la femme augmenterait la productivité agricole par un cinquième.
Les études, faites dans tous les pays, suggèrent que si le Moyen-Orient et lAfrique du Nord, lAsie du Sud et lAfrique sub-saharienne ont eu autant de succès que lAsie de lEst en rétrécissant lécart entre les femmes et les hommes dans léducation pendant les années 1960-1990, GNP par tête dans ces régions auraient augmenté de 0,5 et de 0,9 % points supérieurs chaque année, des augmentations subtantielles sur les taux de la croissance actuelle.
Le rapport confirme aussi que les filles et les femmes ont fait de grands progrès dans les récentes décennies. Par exemple, pendant les 25 dernières années, les taux dinscription dans les écoles primaires pour filles ont doublé au Moyen-Orient, Asie du Sud, et en Afrique sub-saharienne. Pendant le demi-siècle passé, lespérance de vie chez les femmes a augmenté de 15 - 20 ans dans les pays en voie de développement, pour en arriver au point où dans les années 90, pour la première fois, en Asie du Sud les femmes ont commencé à vivre plus longtemps que les hommes.
Selon le rapport, en Afrique sub-saharienne, les femmes sont les plus grandes productrices de denrées alimentaires. «A travers le mondé en développement, les entreprises dirigées par les femmes ont souvent moins de capital, ayant très peu daccès au crédit et usent très peu dénergie et de machines que les entreprises dirigées par les hommes», a noté le rapport.
A part les effets directs sur le bien des femmes et leur aisance à rapporter un revenu, ces facteurs réduisent la force des femmes dans les centres de décisions telles que les ressources pour la famille, telles que combien le nombre denfants à avoir. Le manque de contrôle aux ressources rend les femmes plus vulnérables face aux crises familiales et personnelles.
Côté politique, les femmes continuent à être énormément sous-représentées aux assemblées nationales et régionales, en se rendant compte que les femmes nont que 10 % de sièges au parlement dans quelques pays. En Europe de lEst, la représentation féminine est tombée de 25 à 7 % depuis le début de la transition économique et politique.
Les pays qui réduisent linégalité des sexes peuvent récolter de primes significatives. Quelques avantages tels que la baisse de la mortalité infantile, meilleure alimentation et des taux de fertilité bas, sont déjà très bien connus. Le rapport démontre comment ces impacts positifs de la réduction de lécart de linégalité de sexes comprennent aussi la baisse dans la transmission du SIDA, réduisent la corruption, favorisent la haute productivité économique, et une croissance plus rapide, les résultats qui ne sont pas liés à la tradition de légalité des sexes. Les pays où les femmes ont les plus grands droits et participent plus dans la vie publique ont une tendance à avoir des affaires et un gouvernement purs. Le rapport remarque que plusieurs études ont trouvé, au fur et à mesure, que linfluence des femmes dans la vie publique augmente, le taux de corruption baisse.
Stephan Mbogo Source: APTA, Nairobi
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